Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

Rétrospective 2023

En 2023, le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent soufflait ses 25e bougies. Depuis 1998, l’aire marine protégée fait partie du paysage de quatre régions du Québec : Charlevoix, la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent. Au cœur d’une biodiversité exceptionnelle, le parc marin vise depuis sa création à protéger des écosystèmes, tout en favorisant les activités éducatives, récréatives et scientifiques.

Dans cette revue de l’année, nous vous invitons à découvrir les 5 éléments marquants du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent en 2023.

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Un portrait plus raffiné des bélugas du Saint-Laurent

Plusieurs nouvelles informations sur l’espèce ont été rendues publiques lors du Symposium béluga, un rassemblement de la communauté scientifique ayant eu lieu en mai 2023.

Une nouvelle estimation de population

1530 2200

L’annonce la plus marquante aura été la mise à jour de la taille de la population. Le nombre de bélugas du Saint-Laurent est estimé entre 1530 et 2200 individus. Ce nouvel estimé , obtenu par Pêches et Océans Canada, offre une évaluation plus précise du nombre d’individus grâce à l’amélioration des méthodes de calcul et des techniques de recensement. Ce nouveau chiffre, bien que deux fois plus élevé que le précédent, ne signifie pas une augmentation réelle de la population.

Mise à jour des causes de mortalité

En 2023, nous avons également appris la disparition des cas de cancer chez les bélugas. Grâce aux efforts de décontamination, le dernier cas de cancer rapporté daterait de 2011. À l’heure actuelle, la population du béluga est toujours en voie de disparition. La mortalité des femelles et des jeunes demeure élevée et est source d’inquiétude en ce qui concerne la survie de l’espèce.

Le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent assure une protection supplémentaire aux bélugas. Réduire l’impact des activités humaines et rester à distance de l’espèce est le meilleur moyen pour participer à son rétablissement.
La fermeture de la baie Sainte-Marguerite à la navigation ainsi que les distances et les vitesses à respecter dans le parc marin contribuent à une meilleure relation entre les activités de plaisance et les bélugas. Les équipes de Parcs Canada et de la Sépaq ont d’ailleurs poursuivi leurs efforts en mer et sur la rive pour sensibiliser les plaisanciers et les kayakistes au respect du règlement.

Observation scientifique du béluga depuis la rive

Un total de 227 journées d’observation cumulées des bélugas depuis la rive ont été réalisées de juin à septembre. Des observateurs scrutent l’horizon depuis 5 lieux d’observation scientifique du béluga situés à Baie-Sainte-Marguerite, Baie-Sainte-Catherine, Les Bergeronnes, Les Escoumins et Cacouna.

Cristiane Albuquerque, de Parcs Canada, et Ana Commault-Gaury, du ROMM, observent les bélugas à partir du belvédère extérieur de la nouvelle plateforme d’observation Putep ‘t-awt à Cacouna.

Félix-Olivier Dufour effectue l’observation de bélugas depuis la rive dans le parc national du Fjord-du-Saguenay. L’été 2023 était la 20e année de ce suivi à la baie Sainte-Marguerite.

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De la diversité dans les projets de recherche

Plusieurs groupes de recherche de différents horizons ont effectué des projets dans le parc marin durant la dernière année :

Avec un écosystème aussi riche, la variété des sujets étudiés était aussi au rendez-vous :

Des plongeurs d’Explos-Nature effectuent le déploiement d’un hydrophone de Parcs Canada.

Répartition des thématiques de recherche

Béluga 16%
Baleines 15%
Habitats côtiers 9%
Invertébrés 9%
Poissons 8%
Phoques 7%
Océanographie 6%
Acoustique 5%
Oiseaux marins 5%
Navigation 4%
Plancton 4%
Sédiments 4%
Contaminants 2%
Espèce envahissantes 1%
Divers 5%

Le Ciktek, nouvelle plateforme de recherche en mer

Le Ciktek et son équipage lors d’une sortie en mer dans l’estuaire moyen.

La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk a généreusement mis à la disposition de la science son bateau hybride Ciktek et son équipage. L’embarcation a notamment été sollicitée pour participer au suivi de dénombrement des phoques dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Plusieurs anémones de ce type habitent les parois rocheuses du fjord du Saguenay.

Les parois rocheuses du fjord du Saguenay et les invertébrés qui s’y trouvent ont attiré deux projets dans le secteur : celui du Groupe de recherche sur l’écosystème du fjord du Saguenay (GREFS) ainsi que d’une équipe de la Trebek Initiative, une collaboration financière entre la National Geographic Society et la Société géographique royale du Canada.

Image prise par drone dans le cadre du suivi scientifique présentant l’habitat côtier du secteur à l’étude de la baie Sainte-Marguerite.

Le nouveau suivi de Parcs Canada sur l’habitat côtier s’intéresse aux enjeux d’érosion côtière et à la caractérisation des zones herbacées. Les secteurs à l’étude ont été la baie Sainte-Marguerite en collaboration avec la Sépaq, l’anse Saint-Étienne et l’anse Saint-Jean.

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Une communauté de plus en plus engagée

La collaboration de tous est essentielle pour protéger les espèces vivant dans le parc marin. De nombreux intervenants, partenaires, résidents et visiteurs contribuent à leur protection.

Photo : Genevieve LeSieur

1218 plaisanciers et kayakistes ont été sensibilisés sur l’eau et dans les marinas.
162 capitaines et guides de kayak ont réussi l’examen sur le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.
21 lieux permettent de découvrir le parc marin et d’en apprendre davantage sur ses écosystèmes et son patrimoine culturel.
➔ Les centres d’interprétation et d’observation de Parcs Canada ont accueilli plus de 69 000 visiteurs.
➔ Le parc national du Fjord-du-Saguenay a présenté une nouvelle activité d’interprétation « À la rencontre de deux géants » qui a été très populaire à la Pointe de l’Islet à Tadoussac.
➔ Le parc marin a été en vedette dans plus de 50 tournages officiels.
2 programmes de gardien du territoire sont en œuvre avec la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk et la Première Nation des Innus Essipit. Cette initiative en collaboration avec Parcs Canada a pour objectif de renforcer le rôle des autochtones dans la gouvernance de leur territoire ancestral et de favoriser la transmission de savoirs.
10 membres siègent sur le comité de coordination du parc marin réunissant des représentants des 6 MRC riveraines, de la Première Nation des Innus Essipit, de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ainsi que de représentants du milieu de la science et de l’éducation.

Le Séminaire Wahsipekuk, une expédition pour connecter

En juillet 2023, le Séminaire Wahsipekuk a permis à 12 membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk de sillonner et d’en apprendre davantage sur une portion du Wolastokuk, leur territoire traditionnel. Ce territoire inclut une bonne partie du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Des participants effectuent un atelier de tressage de foin d’odeur.

Des élèves de l’école Marie-Victorin de Saint-Siméon à l’action lors d’une activité de nettoyage des berges.

6 écoles primaires des secteurs de Charlevoix, de la Haute-Côte-Nord et du Saguenay ont participé à des nettoyages des berges. Près d’une demi-tonne de déchets (489 kg/1075 lb) a été ramassée lors des activités en bordure du parc marin!

Dans le cadre de la Campagne de sensibilisation sur le béluga, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada ont uni leurs forces en effectuant des patrouilles conjointes dans l’habitat essentiel du béluga. Cette année, 321 personnes ont rencontré les équipes en mer entre le 22 juillet et le 2 août.

Les gardes de parc de Parcs Canada et les agents de Pêches et Océans Canada s’apprêtant à effectuer une patrouille conjointe dans l’estuaire maritime.

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Une saison d’observation tardive, mais remplie de surprises!

La question qui était sur toutes les lèvres en début de saison : mais où sont les baleines? Bien que leurs arrivées aient été plus tardives qu’en 2022 dans l’estuaire, plusieurs observations ont été réalisées lors de la saison 2023.

Quelques données de la dernière saison :

40 individus rorquals à bosse identifiés

5 individus rorquals bleus identifiés

8 individus rorquals communs identifiés 

* Ces données sont des données préliminaires issues du suivi de recensement visuel et photographique des grands rorquals mené en collaboration avec le GREMM.

Jusqu’à 107 phoques communs ont été dénombrés lors d’une même journée dans le cadre du suivi de Parcs Canada et de la Sépaq dans le fjord du Saguenay.

Plus de 117 000 oiseaux de 95 taxons différents ont été identifiés au cours du suivi de Parcs Canada en collaboration avec l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac et l’Observatoire d’oiseaux de Rimouski.

Le suivi des proies pélagiques et des prédateurs de Parcs Canada a permis de détecter du krill en concentration importante le long de la côte nord du parc marin, ce qui a probablement contribué à la présence plus soutenue du plus grand mammifère au monde, le rorqual bleu, dans le secteur.

Le rorqual bleu est une espèce en voie de disparition et il est interdit de s‘approcher à moins de 400 m de l’animal, au même titre que les bélugas du Saint-Laurent. L’observation depuis la rive est la meilleure manière d’observer cette espèce afin d’éviter de la déranger.

Un rorqual bleu s’alimentant près de la côte dans le secteur des Bergeronnes (archive).

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Lancement du projet d’agrandissement pour le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

En mars 2023, les gouvernements du Canada et du Québec posaient un geste important en annonçant leur intention commune d’amorcer les étapes permettant d’agrandir les limites du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

Ce projet contribuera ainsi à protéger la biodiversité et les écosystèmes de l’estuaire du Saint-Laurent, composant l’habitat de près de 2 200 espèces, dont certaines, comme le béluga, sont en situation précaire. Des consultations publiques sont prévues à l’automne 2024. Pour plus de détails, consultez la page du projet d’agrandissement.


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